Jebalé documentaire - Espace Idiba Plus

múnja

Espace Idiba

Aller au contenu

Jebalé documentaire

Les Sáwá
Jěɓalɛ́

Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ


Jěɓalɛ́, tíki á diwutamea, o dú lá Wuri
Kwáŋkwaŋ ó múdi má mɔpí má Sanaga ndé mbambɛ́ ásu Mbɔŋgɔ na jǐta láō lá ɓána ɓá tánɔ́ ɓá sɔɓɛ. Ótéten á nîn mbota ndé ó ɓɛnnɔ́:
Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ,
Mbɛdi á Mbɔŋgɔ nu yai bana jita, kana : Bojɔŋgɔ, Ewálɛ́, Ngasɛ́ nyéná nú yambí ó Basaá ɓá Sanaga Maritime.
2.1. Bojɔŋgɔ, mún'á ɓosó nyá Mbɛdi ndé ǎsúmwɛ́ ó Sanaga ka mot'á ɓosó, ó túŋgɛ ó dú lá mɔpí má Wuri.
2.2. Ó mbús'áō ndé mún'á Sáŋgó Ewálɛ́  pɛ́ á pɔ́ínɔ́. Nûn, ómbus'á jananɛ lá Basaá ɓéná ɓá tá ɓá ja ówâ, a timbí dumba mundi, na mɔ́ á ɓóká ka ŋgum na Kiŋg'á túmba.
Sáŋgó núsadi Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ pe a poi na babo; na mo ala ja o EYONDI' A Jěɓalɛ́. Ɓên ɓejedi ɓe tá ndé témbea onyola " ɓepɔyedi ɓá ɓwám̀ " nûn á kusannɔ́ Kiŋg'á Ɓasaá" nú tá mwanedi ó Duálá lɛ́sɛ̄ ó póndá ɓosó.

Mbota á Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ etá é tɔndɔ́ jǐta ; níka e ɓotea ɓwesɛ Ewálɛ́ á Mbɛdi ɓɔ́ŋgɔ́ ónyólá yamba lá Sáŋgó núsadi. Na mɔ́ ânánɛ́ ó camanɛ ɓaɓɔ́ ó mánɛ́ matóŋgó má Sáwá.
O nîn wɛ́ŋgɛ̄ sɔ́ :
1. 1. Máŋgalɛ á Mǎlɛ́, mun'á ɓosó a jai ó Jěɓalɛ́
1. 2. Epeɛ á Mǎlɛ́, nú bupɛ́, aló ó Ewodi (Nkam)
1. 3. Esoŋgo á Mǎlɛ́ a tá ó Mǔŋgo, ombus'á póndá a timbí ó embámbá.
1. 4. Eɓóndō á Mǎlɛ́ ndé e ó Ɓodimán, mbot'áō ndé e làŋ ó Ɓɔ ɓá póŋgo (Nord) na ɓá mikóndo (Sud).

Múnj'á Mǎlɛ́
Myaŋgó mí makwálá ná múnj'á Mǎlɛ́ " Jǒɓalɛ́ " a tá ndé Jěŋgū; nde ónyólá sí sɔ́ŋtanɛlɛ̌ na mom'áō, Jǒɓalɛ́ a timbí, á jǎ ó madíɓá, alanɛ pɛ́ ɓána ɓáō ɓáɓǎ (nyá múto na nyá mome).
Dína lá Jěɓalɛ́
O nîn wɛ́ŋgɛ̄, dína lá "Jěɓalɛ́ " dí wú ndé na "JOBALE" nu ta "JO'MALE" ("Jěŋgū lá Mǎlɛ́").


Traduction en français
Jěɓalɛ́ , écrin de verdure, à l'embouchure du Wouri
En des temps anciens, vivait sur les rives du fleuve SANAGA le patriarche MBONGO et sa nombreuse descendance. Parmi celle-ci se distinguent Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ, MBEDI'a MBONGO, père - entre autres, de BOJONGO et d'EWALE, NGASSE 'a MBONGO dont les enfants sont assimilés aux BASSA de la SANAGA MARITME.
BOJONGO, fils aîné de MBEDI'a MBONGO quitta la SANAGA pour émigrer vers l'embouchure du fleuve, suivi par son jeune frère EWALE, qui refoulera le peuple BASSA alors installé là, pour devenir maître de la région.
Leur oncle Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ, vint les rejoindre et s'installa dans l'Île de Jěɓalɛ́, "don de bienvenue du Chef BASSA ", premier occupant de tout le territoire de Douala.
Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ eut de nombreux enfants et sa descendance devenait importante. EWALE' A MBEDI craignant que les descendants de son oncle ne deviennent trop puissants, lutta pour les disperser dans tous les environs.
Aujourd'hui on retrouve :
- Máŋgalɛ á Mǎlɛ́, l'aîné, reste à Jěɓalɛ́
- Epeɛ á Mǎlɛ́, le puîné, parti à Ewodi (NKAM)
- Esoŋgo á Mǎlɛ́ émigra d'abord vers le Moŋgo, avant de revenir dans son Île natale
- Eɓóndo á Mǎlɛ́ s'assimila aux Bodiman de Nkam et sa descendance aux ABOS du Nord et Sud.

La légende raconte que l'épouse de Mǎlɛ́ á Mbɔŋgɔ, " JO MALE " ait été une sirène et qu'après une dispute orageuse avec son mari, elle retourna dans les eaux, emmenant avec elle deux de ses enfants (une fille et un garçon).
L'appellation " Jěɓalɛ́ " vient donc de "JOBALE" qui s'appelait (maritalement) " JO' MALE " ("Jěŋgū lá Mǎlɛ́" ) qui signifie l'Ondine de Mǎlɛ́.


Historique restera le cas du roi Bɛlɛ ɓá Doo,
le fils du grand Doo lá Makɔŋgɔ́,
dernier roi de tous les Duala.

La Rencontre
Ɓɛ́lɛ cherchait une épouse à son fils Muŋgɔ́lɛ mwá Ɓɛ́lɛ.
Un jour, alors qu'il se promenait sous bonne escorte dans Ɓonaɓɛ́lɛ son royaume, il rencontra une jeune fille d'apparence quelconque, plutôt laide que belle avec ses pieds difformes qui évoquaient volontiers quelque Ondine: la plante tournée vers le haut et les orteils plus ou moins vers l'arrière.
Le monarque s'arrêta, interdit: sous cette apparence rébarbative, il venait, de son "autre regard ", de percevoir en elle une jeune fille d'une rare beauté, que des yeux profanes ne sauraient avoir le privilège et le bonheur de contempler, car les Ondines, on le sait, ne se laissent " voir " que des hommes de leur choix. " Voici la femme qu'il faut à mon fils !" décréta Ɓɛ́lɛ ɓá Doo, qui aborda la carcasse aux pieds tordus, se présenta humblement, lui demanda son nom et celui de son père.
ŊGɔɓɔ á Njɔ á Mutáŋgadí mwá Njambɛ́ á Mǎŋgalɛ́ á Mǎlɛ́ à Ɓonaɓedímo,
récita d'un trait la beauté nullement essoufflée, et d'une voix cristalline et assurée qui acheva de conquérir le roi.
    - Veux-tu bien me conduire chez toi, ma fille ? la pria-t-il.
    - Sans problème, NYASÁM, accepta-t-elle.
Les parents de la bien nommée n'étaient point pauvres, loin de là : avec une généalogie pareille où s'entrecroisaient des patronymes humains et divins, c'eût été le comble ! Pourtant, un mariage princier, fût-ce avec un simple Humain, était fort acceptable chez les Ondins; d'autant que le candidat était du Peuple du Fleuve. Certes, la candidature, quelque peu empressée à leurs yeux, était en plus présentée par personne interposée, mais Enfin, c'était le père en personne, et le père était roi, tout de même... On convint donc de la dot devant toute la famille naturellement attirée chez Njɔ á Mutáŋgadí et par la prestance de l'arrivant et de sa suite, et par l'habituel et bruyant déplacement des foules chaque fois que le roi mettait un pied hors du Palais. Et Ɓɛ́lɛ ɓá Doo s'acquitta sur le champ de la dette nuptiale en l'absence de Muŋgɔ́lɛ qui du reste ignorait tout de ce qui se tramait sur son dos.
De retour à la Cour, le premier King Bell du nom annonça à grand bruit la nouvelle de la noce imminente de son héritier.
   - Et le mariage se célébrera ici même, précisa-t-il avec une emphase qui emplit de curiosité le cœur de Muŋgɔ́lɛ. D'anticipation aussi; car, se disait-il, il fallait que la fille fût vraiment belle pour ainsi enflammer d'enthousiasme son père.
    - Dí ombwe nde, conclut-il en pensée. Voyons seulement.

La NOCE
Quelle ne fut pas la stupeur générale au Palais quand, au jour convenu, l'on vit arriver la belle-famille ! elle escortait fièrement, sur une musique pour le mains inhabituelle, une boiteuse nuptialement vêtue et nullement complexée, dansant et entrant joyeusement dans la Cour Royale, sur des sons et rythmes d'une autre Cité.
Les garçons du royaume Bell décontenancés et ne sachant plus sur quel pied danser, prirent le parti d'observer plutôt leur ami et frère: après tout, c'était lui l'intéressé ! Allait-il se ruer à la rencontre de sa bouillante promise, ou rester là à attendre qu'elle vienne à lui ?
C'est alors que Muŋgɔ́lɛ explosa dans un sanglot où la colère n'avait d'égale que l'humiliation.
- Jamais ! Rugit-il la voix enrouée de rage, dardant sur son royal géniteur un œil étincelant de défi, où rien ne se lis ait plus de l'habituelle déférence filiale. Au grand jamais!
Mais soudain, à l'ébahissement de la Cour, Ɓɛ́lɛ ɓá Doo, après un instant de silence méditatif, s'avança, solennel, prit la fiancée par le bras, se dirigea vers le trône et fit venir auprès d'eux le père de celle-ci.
- Moyo, l'interrogea-t-il, énigmatique, en tendant ostensiblement vers lui son avant-bras. Combien de sangs, à ton avis, coule-t-il entre ce bras et celui de mon fils?
- Un seul, répandit l'Ondin sans sourciller.
- Tout jus te, approuva le roi. Cela n'empêche pas pour autant nos pensées et nos goûts de diverger de temps à autre {Maintenant, s'il est vrai que chez nous le Fils est juridiquement l'héritier du Père, laquelle de nos lois ancestrales interdit au Père d'hériter du Fils s "il n 'a pas d'objection ? Je n'en connais pas une seule. Et par ailleurs je ne lis guère cette objection-là dans son regard.
Et tous les regards de dévier, unanimes, vers le Fils, dans un silence dense à couper au couteau.
- Alors assieds-toi, ma fille, reprit le monarque, le bras galamment offert. En vertu des pouvoirs que je tiens de Njambɛ́, te voilà ma Reine pour compter de ce jour. La Reine de tous les Ɓonaɓɛ́lɛ. Et la Mère de Muŋgɔ́lɛ, entre autres, ajouta-t-il, coulant vers son fils un œil pétillant à la fois d'une savoureuse ironie et d'un avertissement en suspens, au cas où le prendrait quelque curiosité tardive, ou la moindre velléité de...
La fête fut grandiose et les langues allèrent bon train entre mets et propos. Encore que les Ondins soient peu coutumiers du manger humain; mais tant qu'ils étaient heureux pour leur fille, qui pouvait s'en plaindre ?
Cependant, au milieu de ce tourbillon général, fait de bruissements allègres et doux des pagnes et des Kaba, qui sait si personne dans l'assistance ne s'aperçut de la chance extraordinaire du roi et de l'inqualifiable sottise du fils ? Les Initiés présents, tenus par la Loi du Silence, n'en auraient de toute façon soufflé mot à personne. Bon sang, avoir une épouse Jěŋgū dans son lit... mais tous les hommes en rêvent depuis la première aurore ! Oui aurait pu penser pourtant que les murs d'un palais pouvaient héberger comme prince héritier un piètre M'BEKA, aveugle Blanc Bec sans une once d'initiation ? Mieux encore, que Muŋgɔ́lɛ mwá Ɓɛ́lɛ, si prometteur par ailleurs, perdrait aussi lamentablement l'occasion d'un bonheur sans fin, et ce, au profit d'un Ɓɛ́lɛ ɓá Doo dont la simple épreuve d'Eyoɓo á Musolɛ avait naguère déballé et les carences dans sa gestion des hommes, et la condamnation à la solitude du pouvoir ?
Comme qui dirait, " la Chance Ondine, on ne la choisit pas: c'est elle qui vous tombe dessus !"
source : Maso ma ndala T1

Espace Idiɓa ((c)) 2010-2019
contact@espace-idiba.com
Retourner au contenu